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La fonte de la calotte glaciaire au Groenland a atteint un point de non-retour !

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Urban Wakan
Publié le 19 août 2020
Il n’y a plus aucun espoir de voir la calotte glaciaire se reconstituer au Groenland. Les glaciers ont tellement rétréci que, même si le réchauffement climatique s’arrêtait aujourd’hui, ils disparaîtraient ! En effet, dans cette région du globe qui se réchauffe deux fois plus vite que dans le reste du monde, rien ne semble stopper désormais la fonte de la calotte glaciaire. Les chutes de neige ne parviendront pas à contrebalancer les centaines de gigatonnes de glace qui se déversent dans l'océan, contribuant à l'élévation du niveau de la mer et mettant en péril la vie de millions d'habitants.

                         

DEUX DÉCENNIES DE FONTE ACCÉLÉRÉE

Le changement climatique pèse lourd sur les glaciers et la fonte de la calotte glaciaire menace des dizaines de millions de personnes à travers le monde. Les rapports alarmants sur la fonte des glaces à travers le gigantesque territoire arctique, région qui se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète, se multiplient depuis plusieurs années.

Cette île de deux millions de km2 (près de quatre fois la superficie de la France), bordée aux trois quarts par les eaux de l'océan Arctique, est recouverte à 85 % de glace. « L'étude confirme les résultats de nombreuses autres études (...) selon lesquels la combinaison de la fonte et du détachement des icebergs explique la grande quantité de glace perdue du Groenland au cours des deux dernières décennies », a résumé pour l'AFP Ruth Mottram, climatologue de l'Institut danois de météorologie (DMI), spécialiste de l'Arctique.

Le glacier d'Apusiajik, près de Kulusuk, au Groenland, le 17 août 2019, © Jonathan Nackstrand, AFP, Archives  

LA PERTE DE GLACE N'EST PLUS COMPENSÉE

Les résultats ne laissent aucun espoir : la neige qui reconstitue la calotte glaciaire chaque année ne comble plus la perte de glace.

La fonte de la calotte glaciaire est irrémédiable, selon des scientifiques qui avancent qu'elle continuerait à rétrécir « même si le réchauffement climatique s'arrêtait aujourd'hui » car les chutes de neige ne compensent plus les pertes de glace. « Les glaciers du Groenland ont en quelque sorte franchi un point de non-retour, où les chutes de neige qui reconstituent la calotte glaciaire chaque année ne peuvent plus contrebalancer la glace qui s'écoule des glaciers vers l'océan », a expliqué dans un communiqué l'Université d'Ohio State, où travaillent les auteurs de l'étude publiée par la revue Communications Earth and Environment, le 13 août.

Dans les années 1980 et 90, la calotte glaciaire perdait environ 450 gigatonnes (environ 450 milliards de tonnes) de glace par an, remplacée par les chutes de neige, ont relevé les scientifiques après l'analyse de quelque 40 ans de données.

À partir des années 2000, la fonte s'est accélérée, grimpant à 500 gigatonnes mais n'a pas été compensée par les chutes de neige. « La calotte glaciaire du Groenland perd de sa masse à un rythme accéléré au XXIe siècle, ce qui en fait le plus important contributeur à l'élévation du niveau de la mer », souligne l'étude.

Un petit iceberg flotte à Kulusuk, au Groenland, le 14 août 2019. © Jonathan Nackstrand, AFP, Archives 

LE NIVEAU DES MERS POURRAIT S'ÉLEVER PLUS QUE PRÉVU

Conséquence de la fonte des glaciers, la hausse du niveau des mers. D’autant que la calotte glaciaire du Groenland participe grandement à leur élévation (plus d’un millimètre par an).

Selon le rapport des experts climat de l’ONU (Giec) sur les océans publié en septembre 2019, le niveau des mers devrait augmenter de 43 cm environ d’ici à 2100 dans un monde à +2 °C, mais de 84 cm dans un monde à +3 °C ou + 4 °C, réchauffement vers lequel nous conduisent les tendances actuelles.

Mais, avec la disparition annoncée de la calotte glaciaire, ces chiffres pourraient être revus à la hausse. Comme l’explique à CNN, Ian Howat, co-auteur de l’étude et professeur à l’université d’État de l’Ohio : « nous avons dépassé le point de non-retour, mais il y a évidemment plus à venir. Nous sommes devant un escalier dont nous sommes tombés d’une première marche, mais il y a encore beaucoup d’autres marches à descendre jusque dans le fossé. » si le réchauffement climatique n'est pas freiné.  


Source : Futura Planète, ouest france