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En Nouvelle-Zélande, un fleuve vient d'être reconnu comme une personne!

Lecture 3 min.
Urban Wakan
Publié le 11 mars 2020
Le Whanganui a désormais les mêmes droits qu’une personne! Le Parlement a accordé une personnalité juridique à ce fleuve, le troisième plus long de Nouvelle-Zélande, qui coule sur près de 290 kilomètres dans l’île du Nord. Des dizaines de Maoris ont assisté au vote de la loi, mercredi 15 mars 2017. Ils ont chanté pour célébrer l’événement et le fait que des droits aient été reconnus à la Nature qui pour eux est Sacrée. Ces autochtones de Nouvelle-Zélande se battaient depuis les années 1870 pour obtenir ce texte. « Cela marque la fin du plus long litige de l’histoire » du pays, a proclamé le ministre de la justice, Chris Finlayson, à l’issue du vote : « Cette législation est une reconnaissance de la connexion profondément spirituelle entre l’iwi [la tribu] Whanganui et son fleuve ancestral. »

Le fleuve Whanganui, en Nouvelle-Zélande.

« Aujourd’hui, nous reconnaissons le sacrifice et la souffrance de la tribu Whanganui, qui s’est battue près de cent cinquante ans pour arrêter l’exploitation de cette force vitale », a salué le jour du vote Te Ururoa Flavell, coresponsable du Parti maori.

LA RIVIÈRE ET SES DEUX GARDIENS

Et concrètement, qui portera la voix du fleuve ? Ce sera ses deux gardiens : l’un est issu du gouvernement, et l’autre du peuple Maori. Pour assurer sa protection, ils devront prochainement se mettre d’accord sur les caractéristiques qui font toute sa valeur, ainsi que sur une stratégie de développement qui satisfera toutes les parties prenantes, des iwis au gouvernement local, sans oublier les utilisateurs commerciaux et ceux qui voient dans la rivière un intérêt récréatif. Pour Christopher Finlayson, le Ministre chargé de la négociation du Traité de Waitangi, c’est un événement historique« Les iwis de la Whanganui ont cherché à protéger la rivière et ont vu leurs intérêts reconnus par la Couronne d’une façon légale depuis 1873. Ils ont poursuivi leurs objectifs au cours de l’une des plus longues affaires judiciaires de la Nouvelle-Zélande », a-t-il déclaré à l’issue de la signature.

"UNE ENTITÉ VIVANTE À PART ENTIÈRE"

Après plus d’un siècle de revendications iwies, celles-ci étaient enfin entendues en 1994 par le Tribunal de Waitangi. Ce tribunal, en réalité une commission d’enquête permanente, est chargé d’enquêter et de faire des recommandations quant aux réclamations déposées par les Maoris dans le cadre du Traité de Waitangi, « Tiriti o Waitangi », en Maori. Celui-ci a été établi en 1840 et reconnaît notamment les Maoris comme propriétaires de leurs terres. Il donne aussi à ces populations les droits des sujets Britanniques. Les discussions entre la Couronne et les iwis de la Whanganui n’ont réellement commencé quant à elles qu’en 2009... 
« L’accord qui reconnaît le statut de la rivière comme une Te Awa Tupua (« une entité vivante à part entière »), ainsi que la relation inextricable qui lie les iwis avec la rivière, est un pas majeur vers la résolution des griefs historiques des iwis de Whanganui. Au niveau national, c’est important », a ajouté Christopher Finlayson.

« La reconnaissance de la rivière Whanganui en tant que personne légale représente un moment historique dans l’histoire du droit », rapporte Suzanne Benally, de Cultural Survival, sur le webzine Take Part. 

LA VISION DE L'HOMME DOMMINANT A ATTEINT SES LIMITES

D’aucuns pourraient juger étrange cette reconnaissance de droit pour un fleuve, a reconnu le député travailliste Adrian Rurawhe, lui-même maori. Mais pour les peuples autochtones, c’est normal, a-t-il expliqué à des journalistes néo-zélandais, avant de citer un adage maori : 
« Je suis la rivière et la rivière est moi. »

« La nature n’est plus seulement vue comme une ressource à détenir, exploiter et profiter. C’est une force vivante et durable qui a besoin d’être honorée, respectée et protégée par nous tous. »


La Tribu Iwi a reçu également 80 millions de dollars néo-zélandais (52,2 millions d’euros) en guise de réparations financières, et 30 millions de dollars pour améliorer l’état du cours d’eau.

CETTE DÉCISION ÉTONNANTE N'EST TOUTEFOIS PAS LA PREMIÈRE DU GENRE DANS LE PAYS

En 2014, le parc national de Te Urewera, dans le nord de la Nouvelle-Zélande avait bénéficié du même statut. Un statut qui permet désormais de conduire des actions de justice contre des pollueurs directement au nom de cette nouvelle entité juridique (baptisée "Te Awa Tupua"), sans avoir à prouver de dommages particuliers à la santé ou à l'intégrité physique d'une personne impactée par cette pollution, analyse le New York Times.
Ce statut aura pour traduction concrète que les intérêts du cours d'eau seront défendus dans les procédures judiciaires par un avocat représentant la tribu et un autre le gouvernement.

RIVIÈRE CONTRE GOUVERNEMENT

Si la rivière Whanganui est la première « entité » à être ainsi reconnue, l’Équateur avait déjà passé un cap similaire en 2008 : le petit pays d’Amérique latine était devenu le premier au monde à reconnaître les droits légaux à l’ensemble de ses montagnes, ses rivières et ses terres.
Le but ? Fournir une protection juridique à l’environnement équatorien et à ses ressources, en permettant à quiconque de lancer des poursuites au nom d’un écosystème. En 2011, cette loi d’un nouveau genre a réussi haut la main sa première échéance. Le gouvernement de la Province Loja était poursuivi au nom de la Rivière Vilcabama : il avait autorisé l’élargissement d’une route jouxtant la rivière, que des rochers étaient du coup venus obstruer, causant des inondations affectant les populations vivant sur ses rives. Verdict : le juge a donné raison à la rivière. La municipalité a été contrainte d’arrêter son projet et de réhabiliter la zone...

Suivons cet exemple exceptionnel et Mobilisons-nous pour SAUVER L'AMAZONIE, ET SES PEUPLES INDIGÈNES, EN LUI DONNANT LES MÊMES DROITS QU'UNE PERSONNE grâce au Statut de « PERSONNALITÉ JURIDIQUE » ! : JE SIGNE LA PETITION ICI